Implants mammaires macro-texturés et polyuréthane suspendus en France, le point et mon avis

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a pris le 4 avril dernier la décision de suspendre les prothèses macro texturées et polyuréthane. Faisons le point à ce jour.

Mesure de précaution

L’ANSM indique avoir pris sa décision par mesure de précaution à l’égard du LAGC-AIM (lymphome anaplasique à grandes cellules). Soulignons que l’agence ne recommande pas le retrait préventif systématique de ces implants chez les patientes porteuses de tels implants. La décision de l’ANSM est uniquement de ne pas pratiquer de nouvelles poses des implants macro-texturés et polyuréthane.

Dans leur communiqué du 5 avril, rapidement relayé sur ce blog, la Société Française des Chirurgiens Esthétiques Plasticiens (SOFCEP) et le Syndicat National de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique (SNCPRE), dont je suis membre, ont pris acte de cette décision tout en exprimant leur surprise.

Il est à noter que, à l’heure actuelle, la Food and Drug Administration (Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) ne croit pas devoir recommander l’interdiction de ces différents implants mammaires (communiqué FDA du 2 mai).     

J’applique bien évidemment la décision de l’ANSM. Et je continue à tenir mes patientes informées sur le sujet.

Mes choix en matière d’implants mammaires

Concernant les implants macro-texturés, je ne les ai pas utilisés et avais d’ailleurs exprimé clairement mon avis dans ce blog en faveur de leur retrait du marché.

Je n’ai jamais, non plus, utilisé d’implants de la marque Allergan spécifiquement visés par l’ANSM en décembre 2018.

Jusqu’à il y a un an j’ai utilisé des implants en mousse de polyuréthane de la marque allemande Polytech. Ces implants ont rendu beaucoup de services dans les cas de reconstruction mammaire de seins tubéreux et de poitrines tombantes. Il n’existe pas à ma connaissance aujourd’hui dans le monde de cas de LAGC-AIM lié à cette marque.

Désormais j’utilise de façon préférentielle des implants Motiva Ergonomix® lisses, non concernés par l’interdiction de l’ANSM et qui donnent des résultats naturels et confortables.

Implants mammaires : se faire suivre par son chirurgien

Quel que soit le type d’implant, il n’y pas lieu d’envisager de dépose a priori et de façon systématique. Il convient par contre de continuer le suivi systématique et régulier, tous les ans et dans la durée, tel que je le pratique avec mes patientes qui ont des implants mammaires.

Je reste à l’écoute et à la disposition de mes patientes qui peuvent me contacter par mail ou par téléphone (+33 1 40 82 62 92) pour toute question. Et je continuerai à les tenir informées de l’actualité de ce sujet.

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Quand et pour quelles raisons remplacer ses prothèses mammaires ?

En tant que spécialiste des implants mammaires et de la chirurgie esthétique du sein, je suis souvent consulté pour des “reprises” d’augmentation mammaire, ce que l’on appelle des “cas secondaires”. Il y a deux raisons majeures d’envisager le changement de prothèses, l’usure des implants ou l’insatisfaction du résultat. Je constate que l’insatisfaction des patientes est ce qui motive le plus souvent ce type de consultation.  

La durée de vie des prothèses mammaires est variable

L’état d’une prothèse évolue dans le temps et, si les prothèses sont fiables, on ne peut pas garantir à vie des implants mammaires. Même s’il est devenu obsolète d’affirmer qu’il convient de changer systématiquement ses prothèses tous les 10 ans.

En fait, l’usure d’une prothèse dépend de ses interactions avec les tissus vivants qui l’entourent et, dans ce domaine, chaque corps connaît ses propres modifications à son propre rythme. Un même modèle d’implant va réagir différemment et sa durée de vie va varier d’une patiente à une autre, et cela n’est pas forcément prévisible.

L’usure se constate donc au cas par cas et, pour la suivre, il convient de consulter une fois par an le chirurgien qui verra, en fonction de l’examen clinique, s’il y a lieu de pratiquer des examens complémentaires, par exemple une mammographie pour rechercher d’éventuels points d’usure ou de rupture sur un implant.

L’insatisfaction, motif le plus fréquent du changement de prothèses mammaires

Selon les enquêtes médicales, 25 à 30% des femmes seraient insatisfaites de leurs prothèses mammaires. Elles déclarent que “ma silhouette a changé…”, “mes prothèses sont visibles…” ou encore “le résultat s’est dégradé”. Comment cela se fait-il ? Qu’est-ce que je constate lorsque ces patientes me consultent ?

Il y a d’abord l’effet du vieillissement de la patiente, et plus précisément de la pesanteur du sein, qui altèrent le résultat esthétique d’une augmentation mammaire — initialement réussie, mais dont l’évolution avec le temps justifie le renouvellement.

Les prothèses mammaires mal positionnées ou apparentes

Une deuxième cause assez fréquente d’insatisfaction est dûe au positionnement des prothèses, trop haut placées, ou trop bas, ou à un écart entre les seins trop important.

Troisième cause d’insatisfaction, la prothèse est visible. Soit elle l’est devenue avec le temps, parce que le sein a vieilli, perdu du volume (après les grossesses ou les allaitements), s’est “affaissé”. Soit par déplacement secondaire de l’implant — avec risque de formation de coque, cette induration caractéristique du sein qui “rejette” la prothèse.

La prothèse peut également être  devenue apparente immédiatement après sa pose,une fois l’œdeme post-opératoire résorbé .

Ces problèmes de positionnement ou de visibilité de la prothèse signifient généralement que les choix initiaux — volume, forme, positionnement, placement des implants — n’étaient pas bons ou qu’ils ont été démentis par l’évolution dans la durée.

à gauche, avant, le sein a capoté sous la prothèse trop haute, posée 8 ans plus tôt (2 grossesses avec allaitement prolongé depuis) ; à droite, correction de l’aspect tombant et de la voussure inesthétique par changement et pose de prothèse anatomique

à gauche, avant, le sein a capoté sous la prothèse trop haute, posée 8 ans plus tôt (2 grossesses avec allaitement prolongé depuis) ; à droite, correction de l’aspect tombant et de la voussure inesthétique par changement et pose de prothèse anatomique

Remplacement des prothèses mammaires, quelles solutions ?

Optimiser le choix du modèle d’implant, éviter la distorsion de volume entre les nouveaux seins et la morphologie de la patiente, privilégier les prothèses anatomiques, choisir le type d’implantation (devant ou derrière le muscle, ou en dual) constituent autant de variables à ajuster selon chaque cas particulier.

Mon expérience du traitement des complications des chirurgies mammaires m’a enseigné que l’on dispose aujourd’hui de beaucoup de solutions pour changer des prothèses et surtout améliorer de façon très significative un résultat insuffisant.

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Quel est le prix d’une augmentation mammaire ?

[Mise à jour le 29 mai 2019] - Le prix d’une augmentation mammaire dépend de la technique retenue (prothèses ou lipofilling), des prothèses choisies, des frais de clinique, du tarif du chirurgien et de la nécessité ou non d'y associer des gestes complémentaires : augmentation mammaire composite (association prothèses et nappage par graisse autologue) ou plastie-prothèse.

Prix d’une augmentation mammaire ? de 4000 à 6000 €.

Plusieurs postes entrent en ligne de compte dans le prix d’une augmentation mammaire. Je trouve important d’expliquer à mes patientes chaque élément de tarification et mes choix.

Le prix des prothèses est très variable selon la qualité, la marque et l’existence ou non d’une garantie décennale. Les prothèses que j’utilise actuellement sont des prothèses lisses de forme ronde. Elles contiennent un gel souple et cohésif qui évite l’usure de la prothèse (absence de pli), offrent un palper naturel. Ces prothèses s’adaptent à la position de la patiente : elle prennent une forme légèrement anatomique en position debout et donnent un joli aspect arrondi en position couchée. Ces prothèses ne sont pas les moins chères du marché (610 €) mais elles bénéficient d’une garantie de 10 ans qui couvre non seulement la prothèse mais l’ensemble des frais d’intervention si cela s’avérait nécessaire. Les prothèses en gel cohésif de dernière génération sont de haute technicité et extrêmement fiables et durables. 

Les frais de clinique comportent les frais de bloc opératoire et les frais de séjour qui sont variables d’un établissement à l’autre, en fonction de la localisation de la clinique (à Paris ou en banlieue) et de la qualité de l’hôtellerie. Pour pouvoir proposer une offre la plus large possible j’ai choisi d’opérer dans deux cliniques :

  • L’une où ne se pratique que la chirurgie esthétique, la clinique Alphand à Paris dans le 16ème arrondissement dont les tarifs se justifient par une prise en charge personnalisée et une hôtellerie de qualité.

  • Située à Courbevoie, la clinique de la Montagne est réputée pour la qualité de son plateau technique ; c’est une clinique généraliste où les frais d’hôtellerie sont moins élevés.

Dans ces deux établissements la qualité du personnel médical et des anesthésistes est unanimement reconnue comme en témoignent les notes obtenues dans les processus d’accréditation et de certification.

Ces frais peuvent augmenter dans certains cas précis, plus complexes, où la durée de l’intervention est plus longue, en particulier si une  plastie est nécessaire (par exemple pour corriger des seins tombants) ou s’il faut ajouter un lipofilling une dans le même temps opératoire. Étant entendu que pour chaque patiente, je fais toujours un devis détaillé d’augmentation mammaire, personnalisé, après consultation à mon cabinet. Dans quelques cas il est possible de demander une prise en charge par la sécurité sociale : malformation sévère des seins, reconstruction mammaire après cancer, absence totale de glande (agénésie) mammaire.

Augmentation mammaire, la qualité et la sécurité sans risques

Je sais que certains chirurgiens proposent l’augmentation mammaire à 3000 euros voire 2700. Cela soulève beaucoup de suspicion et plus que des doutes sur :

  • La qualité et la sécurité des établissements — quand on sait que pas moins de 8 cliniques de la région parisienne ont été fermées depuis le début de l’année, pour non certification par la Haute Autorité de Santé ou pour dépôt de bilan.

  • Les conditions opératoires et notamment la qualité des équipements et le professionnalisme de l’équipe (anesthésiste, assistant opératoire, etc.)

  • La qualité et l’innocuité des implants mammaires dont le processus de fabrication est complexe et coûteux. Il faut vraiment s’interroger quand on voit des soi-disant prothèses à 300 euros ! On se rappelle que pour produire des prothèses toujours moins chères, PIP avait utilisé un gel de silicone frauduleux non médical dont on connait aujourd'hui les conséquences néfastes…

Je refuse cette chirurgie low cost et les risques qu’elle présente pour la sécurité de mes patientes. Mon éthique et mon engagement de responsabilité en tant que chirurgien plasticien m’interdisent tout compromis sur la qualité et la fiabilité du matériel et des soins. Notre corps est un bien précieux dont le soin est incompatible avec la recherche du prix le plus bas.

Je pratique l’augmentation mammaire quotidiennement depuis 20 ans. C’est une intervention très fiable et qui donne de magnifiques résultats dont les patientes sont enchantées  pour peu que l’on respecte certaines règles techniques et que l’on suive régulièrement ses patientes. On peut pratiquer l’augmentation mammaire à tout âge pour s’épanouir dans sa vie de femme, en toute sérénité.

Augmentation mammaire : pas de chirurgie low cost

Augmentation mammaire : pas de chirurgie low cost

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Les implants mammaires en polyuréthane sont fiables et esthétiques

La fiabilité des implants mammaires en polyuréthane

Lors d’un récent congrès de chirurgie, j’ai été invité à une journée de formation pour faire part de mon expérience des prothèses mammaires en polyuréthane à des confrères européens et brésiliens (le Brésil est d’ailleurs un important utilisateur depuis de nombreuses années). Le retour d’expériences est tout à fait positif : parmi les nombreux chirurgiens présents, aucun n’a eu à déplorer la survenue de complications — en particulier la survenue de coques due au rejet de la prothèse. Ce résultat est à comparer aux 3 à 9% de taux de coques à 10 ans avec d’autres types d’implants.

Autre fait remarquable : aucun confrère présent n’a constaté de déplacement secondaire (rotation de la prothèse ) lorsqu’on utilise des prothèses en polyuréthane de forme anatomique, alors même qu’il s’agit du principal argument avancé par de nombreux confrères contre l’utilisation des prothèses anatomiques en silicone “classique”.

Par ailleurs, la qualité des résultats esthétiques que nous, chirurgiens utilisateurs de prothèses en polyuréthane, avons pu montrer lors de ce congrès a achevé de convaincre les quelques confrères encore hésitants.

Des seins plus souples avec les implants mammaires en polyuréthane

La pose des implants en polyuréthane requiert certes un bon niveau de technicité. Ces implants demandent aux chirurgiens une phase d’apprentissage préalable. J’ai eu l’occasion lors de ce congrès de montrer à mes confrères les écueils à éviter. De même il m’arrive fréquemment de recevoir dans mon bloc opératoire des confrères qui viennent se former à cette technique.

Des seins plus durs au toucher ? C’est tout à fait transitoire. Il est vrai que pendant les premiers mois, les seins sont un peu plus fermes avec les implants en polyuréthane qu’avec ceux en silicone. Au bout d’un an, c’est le contraire, les seins sont plus souples et plus naturels. C’est ce résultat-là dont toutes les patientes me parlent qui m’a définitivement convaincu. Mes patientes me disent : “maintenant ce sont mes copines qui veulent avoir des implants en polyuréthane comme les miens.”

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En conclusion, les prothèses en polyuréthane sont d’une grande fiabilité ; elles ne présentent pas de risque de rotation secondaire et de survenue de coques ; de plus la qualité des résultats esthétiques (aspect beaucoup plus naturel des seins) en font un avantage indéniable pour les patientes et justifie leur utilisation, même si leur coût est plus élevé. On note d’ailleurs en France une forte progression de la pose d’implants en polyuréthane !

Fiabilité et qualité des résultats esthétiques des prothèses en polyuréthane

Fiabilité et qualité des résultats esthétiques des prothèses en polyuréthane

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Chirurgie esthétique des seins : progrès des implants en polyuréthane

J’ai participé à une table ronde entre chirurgiens plasticiens lors du récent congrès de la SoFCPRE (Société Française de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique) qui faisait le point sur l’utilisation des prothèses mammaires en polyuréthane. 

Les indications des implants mammaires en polyuréthane

Depuis quelques années, lorsque je choisis des prothèses de forme anatomique, j’utilise uniquement des prothèses en polyuréthane.

J’utilise préférentiellement les prothèses anatomiques dans les cas suivants : 

  • quand mes patientes souhaitent obtenir des seins en forme de poire (recherche d’un résultat naturel).
  • quand les seins sont vidés au niveau du pôle supérieur (du fait des grossesses et de l’allaitement). 
  • quand les seins sont implantés bas sur un thorax long.

Alors que la prothèse anatomique en gel de silicone présente un risque de rotation après sa pose, l’implant anatomique en polyuréthane évite ce risque grâce à sa texture particulière qui produit une sorte d’effet “velcro” arrimant la prothèse aux tissus.

La fabrication des implants en polyuréthane a fait des progrès

La fabrication des implants en polyuréthane a fait des progrès et les anciennes objections ne tiennent plus. Ils sont désormais plus souples et donc plus faciles à placer. Ils se retirent, si besoin est, aussi facilement que les classiques prothèses en silicone.

Par ailleurs, alors qu’il n’existait qu’un seul fabricant brésilien, il y a désormais plusieurs fabricants de prothèses en polyuréthane — notamment un fabricant allemand — ce qui permet d’avoir le choix et est un gage de fiabilité et de suivi.

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Enfin, les prothèses mammaires en polyuréthane présentent d’autres avantages. Les études internationales montrent en effet qu’elles diminuent significativement le risque de “coque” — induration du sein dû à un rejet de la prothèse — et relèvent globalement un taux de complications nettement plus faible.

Les prothèses en polyuréthane nous permettent aujourd’hui de répondre encore mieux aux souhaits des patientes dans certaines indications difficiles.

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